Edition Art & Fiction, 2017

Prix littéraire 2018 Pittard de l'Andelyn

Les morts sont problématiques pour les vivants. Le vide qu'ils laissent derrière eux peut prendre une place énorme. C'est ainsi encombrée que Mathilde fait sa rentrée des classes, que sa mère se perd dans le grand lit conjugal et que son frère se retrouve dans le costume trop grand du chef de famille. L'insignifiance de chacune de nos destinées particulières est indéniable. La bise noire qui déferle sur Genève et les flots qui la traversent quotidiennement nous le rappellent sans subtilité. Heureusement, des liens se tissent entre les êtres vivants et le monde que nous appelons inanimé. Le père n'est pas seulement mort, il s'est transformé. Le vide qu'il a laissé se révèle finalement bien rempli. Découpé en courtes scènes, le récit progresse de la petite école des Pâquis à l'appartement de la rue du Mont-Blanc en passant par la rade et un improbable musée. Les protagonistes de ce petit univers organisent du mieux qu'ils le peuvent leur présence en ces volumes. Des accumulations en tous genres peuvent rendre la cohabitation difficile. Certains lieux ne conviennent pas du tout, d'autres doivent être complètement réinventés et parfois, il faut se décider à aller explorer de nouveaux territoires.

Laurence Boissier publie ici son tout premier roman.