Née en 1956 à Genève (père français, mère genevoise d'origine mi-russe, mi-italienne), Sylviane Dupuis y obtient sa licence ès Lettres en 1979 (littérature française, archéologie, grec ancien) tout en suivant des cours de théâtre et en participant à des fouilles archéologiques. Son mémoire de licence, dirigé par Jean Starobinski, porte sur les poèmes en prose de Paul Claudel consacrés à la Chine.

Après un stage dans l'édition à Paris et une année d'assistanat à la Faculté des Lettres de Genève, elle choisit l'écriture et l'enseignement. Nombreux voyages (principalement en Grèce, en Turquie et en Chine). En 1988-89, elle est durant un an l'hôte de l'Institut suisse de Rome, et y écrit Travaux du Voyage.

Actuellement professeur de littérature française au Collège Calvin, elle a également été chargée d'enseignement à l'Université de Genève de 1997 à 2000. Elle est membre du comité de la revue ECRITURE, du Groupe d'Olten et du Pen Club. Depuis la création du journal en 1998, elle tient une "chronique d'écrivain" mensuelle dans Le Temps.

 

Ouvrage

Poème de la méthode

Edition Empreintes, 2011

 

Lauréat du prix littéraire genevois 2012 Pittard de l’Andelyn

Sous une couverture énigmatique et forte de Claire Nicole, Poème de la méthode de Sylviane Dupuis rassemble l'arborescence d'un cheminement qui entrelace histoire collective et vie individuelle, interrogation sur la poésie et propositions fragiles en quatre courts chapitres, Tabula rasa, Viatiques (Poème de la frontière et Poème du commencement, mise en mots de deux deuils cruciaux, la mort du père et celle de la mère), Poème de la méthode, Lucioles. D'un passage éprouvant devant une fosse commune en Roumanie, de Birkenau aux images fixées dans la mémoire, telle celle d'une enfant en feu courant vers un horizon qui n'existe plus, le « chemin » (le mot « méthode » vient de « methodos » qui veut dire recherche d'une voie, d'un chemin, en grec) traverse un passé récent obsédant et un présent qui ne s'en éloigne pas toujours. Il ne peut plus être un chant, quoiqu'il en jaillisse parfois des éclats mélodieux, il se ressource, d'étonnante manière, en un deuil personnel qui assume la mort « naturelle » dans une douleur partageable, et il s'affirme en cherchant à trouver les mots les plus justes, si rares, ainsi qu'en écoutant l'expérience d'autres artistes, peintres et musiciens, pour reconduire tout un jeu de résonances qui parviennent à lever une frêle lumière du noir le plus profond, une lumière finalement assez sûre d'elle-même en dépit du doute qui la sous-tend (ou grâce à ce doute fécond). Et surtout : il prend racine dans un amour humain où chacun tire l'autre pour avancer, pour naître. Ce livre, aux mots si longuement pesés, brûle et éclaire un instant le présent difficile, y donnant accès d'une touche légère et éphémère.