Né en Valais en 1958 dans une famille d’émigrés italiens originaire de la région de Gênes, Adrien Pasquali a passé par le célèbre collège de Saint-Maurice avant de faire des études à Fribourg et une thèse de doctorat sur Adam et Eve de Ramuz. Brillant universitaire, traducteur et surtout écrivain, il s’en est allé en 1999 quelques jours après la parution de son grand œuvre Le Pain de silence. Eloge du migrant (1984), Les Portes d’Italie (1986), L’Histoire dérobée (1988), ou La Matta (1994) se distinguaient déjà par un équilibre rare entre densité, émotion et maîtrise de la langue. L’émigration et la déchirure, deux motifs récurrents dans son œuvre, l’auront conduit à se constituer grâce à l’écriture. Passionné de littérature romande, il disait à propos de Ramuz : « Je découvrais le pays de cet autre qui me forçait bien obligeamment à découvrir le mien. »

 

Publications

Nicolas Bouvier. Un galet dans le torrent du monde

Zoé, 1996

Né à Genève en 1929, Nicolas Bouvier, en plus de trente ans d’écriture et de voyages, a lentement accumulé une œuvre qui se révèle aujourd’hui à nous dans toute sa cohérence, sa profondeur humaine, philosophique et poétique.
En proposant pour la première fois une mise en perspective de l’ensemble de ses écrits, étayées de citations nombreuses, attentive au style comme à la démarche de l’écrivain, cette monographie comble un manque. Et conduit à un constat paradoxal : si le voyage, pour Bouvier, est avant tout un « exercice de disparition », « décoder » la planète » ou prendre connaissance du monde par le biais de l’écriture lui aura finalement permis de s’enfanter lui-même ; de donner substance et nom à un moi que le voyage met en danger et que l’écriture lui révèle. Mais aussi d’atteindre, au bout de la route, cette « coïncidence avec son corps », avec le monde et le temps, qui est au bout de toute sagesse.
Ce souci constant introduit à une réflexion morale qui permet d’envisager positivement le vieillissement, l’usure et la perte comme un processus de l’esprit, semblable à celui qui façonne la perfection et polit « un galet dans le torrent du monde » jusqu’à conférer la légèreté d’un grain de sable.