Né au grand-Saconnex en 1927, Thierry Vernet s'est initié aux arts plastiques. Après sa formation, il entreprit un grand voyage en Orient en compagnie de l'écrivain Nicolas Bouvier, dont il illustrera « L'Usage du Monde ». Pour assurer sa vie matérielle, il réalisa les décors d'innombrables spectacles, à la Comédie de Genève, pour les spectacles estivaux de l'Opéra de Chambre de Genève, au Grand Théâtre, au théâtre du Jorat ou à la Comédie Française, notamment. Thierry Vernet est décédé en 1993.

 

Publications

Peindre, écrire chemin faisant

Edition L’Age d’Homme, 2006

1953 : deux amis, Thierry Vernet et Nicolas Bouvier, réalisent ensemble un rêve d'enfance en faisant un voyage d'un an et demi entre la Yougoslavie et l'Afghanistan, avec une petite Fiat Topolino et très peu d'argent en poche. Bouvier l'a magnifiquement raconté dans L'Usage du monde, et tous ses lecteurs se souviennent des dessins de Vernet qui l'illustrent...
Si ce monumental ensemble de lettres, écrites quasi quotidiennement et envoyées semaine après semaine par le jeune peintre et dessinateur Thierry Vernet à sa famille, sur une période de dix-sept mois, de juin 1953 à octobre 1954, n'était qu'un addenda à L'Usage du monde, l'éditer dans son intégralité pourrait à bon droit apparaître comme une entreprise inutile. Or il n'en est rien. Peindre, écrire chemin Faisant procure des plaisirs entièrement neufs ; il appartient à une catégorie littéraire très rare : celle du chef-d’œuvre involontaire. En effet, dans son désir de ne rien perdre de ce qu'il voit au cours de son voyage, Thierry Vernet ne retient jamais sa plume ; chaque événement, ombre, couleur, personnage de rencontre nourrit son imagination, tant picturalement que littérairement - même si à aucun moment il ne prétend faire œuvre d'écrivain. Et ce qui est prodigieux, dans ces pages, c'est le naturel, la gaieté et l'humour (féroce à l'occasion) avec lesquels tout est narré par le menu. Ainsi, la galerie de portraits de Vernet est d'une richesse extraordinaire ; il semble avoir suivi le conseil de Scott Fitzgerald : « Commencez par peindre un individu et vous aurez créé un type. Commencez par peindre un type et vous n'aurez rien créé. » Il y a comme ça, dans ce livre à la liberté exceptionnelle, des dizaines d'individus croqués avec tant d'esprit qu'on en reste pantois.

Publications

Correspondance des routes croisées

Zoé, 2011
Texte établi, annoté et présenté par Daniel Maggetti et Stéphane Pétermann.

« La vie est tellement incandescente. Ici comme là-bas. Vieux frère je te lance un grand pont. » Ces propos de Vernet à Bouvier du 17 août 1955 traduisent l’intensité d’une relation faite de passion et de fraternité. Depuis l’âge du collège, Nicolas Bouvier (1929-1998) et Thierry Vernet (1927-1993) ont rêvé ensemble d’accords majeurs avec le monde, par le voyage et par la création. L’un devient écrivain, l’autre peintre : en mots et en images, ils diront ce que l’on ne peut connaître qu’une fois.
De Cologny à Paris, de Kaboul à Colombo, de Tokyo à Genève, leur correspondance est un fil tendu entre deux vies mises en commun. Nourrie de l’expérience de la route, elle exprime aussi la beauté d’une aventure humaine, celle d’une amitié sans réserve.
La Correspondance des routes croisées réunit les lettres échangées par Nicolas Bouvier et Thierry Vernet jusqu’à la parution, chez Julliard en 1964, de l’édition française de L’Usage du monde, le récit de leur traversée de l’Asie.
Hormis trois mémoires de licence universitaires portant chacun sur un roman ou une thématique, il n’existe cependant aucune étude d’ensemble de l’œuvre. S’il comble ainsi une lacune, ce livre d’Isabelle Martin se veut moins un essai critique qu’une relecture attentive et plutôt empathique. Il entend faire partager au lecteur une admiration de longue date, en donnant le plus souvent possible la parole à l’écrivain.